CITATIONS D'Alain BOSQUET
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Fleuris tes abîmes : tu ne possèdes pas d'autres demeures.
(Le verbe est un navire. Paris, Éditions du Rocher, 1998, p. 72)
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L'amour excessif de Dieu implique la haine de l'homme.
(La fable et le fouet. Paris, Gallimard, 1995, p. 197)
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Apprends avant toute chose l'interrogation : elle tempère l'émerveillement.
(La fable et le fouet. Paris, Gallimard, 1995, p. 14)
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Pendant plusieurs années, je me suis demandé comment on doit corriger notre démocratie. A présent, je me demande comment on doit la remplacer.
(La fable et le fouet. Paris, Gallimard, 1995, p. 112)
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Pourquoi voulez-vous que Dieu soit mort ? J'affirme qu'il n'est pas encore né.
(La fable et le fouet. Paris, Gallimard, 1995, p. 181)
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N'écoutez que votre inconscience : elle seule peut vous offrir des fruits qui chantent et des neiges qui soudain, en plein vol, se transforment en pélicans.
(Le verbe est un navire. Paris, Éditions du Rocher, 1998, p. 70)
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J'écris pour me débarrasser de moi. J'écris pour mieux me connaître. Entre ces deux extrêmes, la vérité titube, de plus en plus ivre.
(La fable et le fouet. Paris, Gallimard, 1995, p. 55)
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L'écriture est une délivrance qui, phrase après phrase, mot après mot, devient un esclavage.
(Le verbe est un navire. Paris, Éditions du Rocher, 1998, p. 198)
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Tout être est un univers. Si vous préférez, une cité de globules, de muscles, de gestes et de pensées qui bougent sans qu'on puisse en saisir le sens.
(Interview 70. Paris, Éditions du Rocher, 2001, p. 53)
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Chacun éprouve le même drame : il ne sait au juste qui il pourrait être. Parfois, il décide qu'il a trouvé. Il se met une identité : une camisole de force. Un uniforme d'amiral : ça finit par s'incruster sous la peau.
(Interview 70. Paris, Éditions du Rocher, 2001, p. 13)
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Je ne sais pas ce qu'est l'inspiration : je ne connais que le désir du changement et de la métamorphose.
(Le verbe est un navire. Paris, Éditions du Rocher, 1998, p. 63)
Toute souffrance équivaut à une inspiration. D'une douleur on tire un livre.
(Interview 70. Paris, Éditions du Rocher, 2001, p. 38)
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Je suis la somme des livres que j'ai lus. Ce n'est pas si simple : je suis aussi la somme des livres que j'ai refusé de lire.
(La fable et le fouet. Paris, Gallimard, 1995, p. 253)
Mes livres, il se peut que quelqu'un d'autre les ait écrits. Je les ai trouvés sous le porche d'une église, comme jadis les nouveau-nés indésirables.
(Interview 70. Paris, Éditions du Rocher, 2001, p. 98)
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Le mariage est la rencontre de deux miroirs, l'un grossissant et l'autre amaigrissant.
(Le verbe est un navire. Paris, Éditions du Rocher, 1998, p. 41)
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Mes mots ne valent rien s'ils ne sont à la fois silex, velours, flamme et rosée.
(La fable et le fouet. Paris, Gallimard, 1995, p. 96)
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Je n'ai jamais voulu connaître ma ville natale. Heureux qui n'a pas de lieu de naissance : il peut naître où il veut. Et aussi quand cela lui chante.
(Interview 70. Paris, Éditions du Rocher, 2001, p. 8)
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Je vends des arcs-en-ciel dans les pays où il ne pleut jamais.
(Le verbe est un navire. Paris, Éditions du Rocher, 1998, p. 31)
Je suis un spécialiste des abîmes.
(Interview 70. Paris, Éditions du Rocher, 2001, p. 13)
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Désigné comme préfet de Police, j'ai mobilisé cinquante équipes de jeunes gens courageux et décidés. Nous avons détruit à coups de hache un million de téléviseurs dans la région parisienne. Les citoyens ont réappris à lire les poètes et à contempler l'éclosion des jonquilles.
(La fable et le fouet. Paris, Gallimard, 1995, p. 220)
On en est là : les peuples exigent de leur télévision qu'elle les protège des intellectuels.
(Le Verbe est un navire. Paris, Éditions du Rocher, 1998, p. 22)
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Une vie : cinq pour cent de rage, deux pour cent de volupté, et tout le reste est brouillard.
(La fable et le fouet. Paris, Gallimard, 1995, p. 350)
Nos vies sont inutiles, trouées, impalpables : notre seule volupté consiste à nous en improviser une autre.
(Interview 70. Paris, Éditions du Rocher, 2001, p. 79)
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Georges Adamczewski - 24 juillet 2005
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