CITATIONS D'Albert JACQUARD
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AFFRONTEMENT BARBARIE BOMBE ATOMIQUE COMPÉTITION COMPRENDRE DIEU FOOTBALL SCIENCE VIEILLIR
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Chaque affrontement peut être bénéfique à condition qu'il soit vécu comme une occasion d'enrichissement, non comme une possibilité de victoire. Dans la lutte entre deux hommes ou entre deux groupes d'hommes, deux issues sont possibles : ou bien ils sont tous les deux gagnants, s'ils ont su surmonter leur antagonisme, s'écouter, se regarder, et finalement se sourire ; ou bien ils sont tous les deux perdants, s'ils ont cherché à se détruire l'un l'autre, à s'ignorer, à se haïr.
(Abécédaire de l'ambiguïté. Paris, Seuil, 1989, p. 42)
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Notre société s'habitue à la barbarie.
(Le souci des pauvres. Paris, Calmann-Lévy, 1996, p. 54)
C'est accepter la barbarie que de trouver normal, dans une ville comme Paris regorgeant de richesses gaspillées, le sort d'hommes et de femmes qui ne peuvent survivre que grâce à la mendicité ; dans une ville où des milliers de logements restent vides entre les mains de spéculateurs attendant la hausse des cours, la destruction de familles contraintes de s'abriter dans des meublés sordides.
(Le souci des pauvres. Paris, Calmann-Lévy, 1996, p. 54)
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6 août 1945. Pour la première fois, une bombe atomique est lancée. La ville d'Hiroshima est rasée. Deux jours plus tard, une seconde bombe détruira Nagasaki. Toutes les perspectives de l'humanité sont bouleversées. Aucun des tournants précédents de son histoire, ni la maîtrise du feu, ni l'invention de l'écriture, ni la découverte d'un nouveau continent, n'a été aussi décisif. Cette fois, les hommes se sont donnés à eux-mêmes une puissance telle qu'elle dépasse les capacités de la planète; ils mettent en danger tout ce qu'elle porte.
(Idées vécues. Paris, Flammarion, 1989, p.30)
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Par mille canaux, notre société nous amène à croire que le moteur de la vie est la compétition. On ne parle que de gagneurs ; il nous faut, paraît-il, préparer les enfants à entrer dans cette catégorie, faute de quoi ils seront des perdants, des minables.
(Abécédaire de l'ambiguïté. Paris, Seuil, 1989, p. 39)
Nous commençons à découvrir que les mots d’ordre de la société dominante, la société occidentale basée sur la compétition, conduisent la collectivité humaine à la catastrophe. Il est urgent de réfléchir et de définir un objectif acceptable par tous.
(Le souci des pauvres. Paris, Calmann-Lévy, 1996, p. 14)
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Mon expérience personnelle comme mon expérience de professeur me font mettre en doute l'intérêt de comprendre rapidement. Comprendre, c'est créer en soi une structure mentale ; ce ne peut être qu'une longue construction. L'élève qui déclare "je n'ai pas compris" fait preuve d'une vive intelligence. Il comprend qu'il n'a pas compris ; et c'est ce qu'il y a de plus difficile à admettre.
(Idées vécues. Paris, Flammarion, 1989, p. 146)
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Dieu. Quoi que je fasse, le mot évoque en moi le vieux barbu des cathédrales, sculpté à notre image. Invention humaine dont je dois me débarrasser. Tuer le père, c'est d'abord tuer Dieu-le-père. Sous les statues du "Pan Creator", il faut écrire : "ceci n'est pas le Créateur". Les musulmans s'interdisent toute représentation de Dieu. Les juifs refusent de prononcer son nom. Je les envie.
(Idées vécues. Paris, Flammarion, 1989, p. 186)
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Je ne sais quel peuple africain se passionne pour le football, mais a apporté à la règle du jeu une légère modification : lorsqu'un joueur de l'équipe A marque un but contre l'équipe B, il va aussitôt jouer dans cette équipe B, en échange d'un membre de celle-ci. L'intérêt du spectacle est ainsi prolongé.
(Abécédaire de l'ambiguïté. Paris, Seuil, 1989, p. 41)
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Par définition, la guerre est le signe d'un échec ; elle montre que les hommes n'ont pas été capables de résoudre par leur intelligence les conflits qui les opposaient ; ils n'ont pas su les faire évoluer vers un niveau de compréhension réciproque suffisant ; ils ont oublié leur statut d'hommes, et même leur statut d'animal ; ils se sont abandonnés à la colère, à la fureur, à la folie ; ils finissent par s'entre-tuer.
(Abécédaire de l'ambiguïté. Paris, Seuil, 1989, p. 124)
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Pour quelle raison notre société n'affiche-t-elle que mépris envers les femmes qui louent leur sexe à la demi-heure pour le plaisir d'un client, et manifeste-t-elle son admiration envers les cadres dits "supérieurs" qui louent leur cerveau au mois pour le bénéfice d'une entreprise ?
(Abécédaire de l'ambiguïté. Paris, Seuil, 1989, p. 70)
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La science déclare haut et fort qu'elle ne peut donner de réponse à toutes les questions et qu'elle ne le pourra jamais. Or, bien des hommes ressentent le besoin d'explications globales, de vérités définitives ; seuls les intégrismes de toutes natures peuvent satisfaire ce besoin. Ils prolifèrent et multiplient leurs adeptes.
(Le souci des pauvres. Paris, Calmann-Lévy, 1996, p. 38)
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Devenir vieux, c'est ne plus être obsédé par le nombre des années écoulées depuis le début, mais par le nombre de celles qui sont encore disponibles avant la fin. Jeune, on comptabilise les jours comme une richesse peu à peu accumulée, vieux comme un trésor peu à peu dilapidé, jusqu'à épuisement.
(Abécédaire de l'ambiguïté. Paris, Seuil, 1989, p. 24)
Le vrai vieillissement est de ne plus avoir l’impression d’avoir des choses à faire : un être est vieux quand il pense que son rôle est fini.
(Absolu. Paris, Seuil, 1994, p. 119)
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Georges Adamczewski - 24 juillet 2005
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