CITATIONS DE Jacques MONOD

APPARITION DE LA VIE     BIOLOGIE     ESPÈCE HUMAINE     ÉTHIQUE     ÉTHIQUE DE LA CONNAISSANCE     ÊTRES VIVANTS     ÉVOLUTION     INNOVATION     INVARIANCE ET TÉLÉONOMIE     OBJECTIVITÉ     SYSTÈMES DE VALEURS

APPARITION DE LA VIE

L’apparition de la vie elle-même et, au sein de la biosphère, l’émergence de l’homme ne peuvent être conçues que comme le résultat d’un fantastique jeu de hasard où notre numéro a fini par sortir ; elle aurait pu ne pas apparaître et, de toutes les façons, le cosmos insondable qui nous entoure s’en souciait comme d’une guigne.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 145)

BIOLOGIE

Le problème de la biologie est de comprendre comment, à partir d’un univers qui, par postulat de base, est dépourvu de projet, arrivent à se constituer des êtres qui ont un projet.

(" Entretien avec Jacques Monod ". Cahiers CISTRE 4, Lausanne, L’Age d’Homme, 1978, p. 24)

ESPÈCE HUMAINE

Il n’y a pas une novation absolue, qui caractérise d’une manière radicale l’espèce humaine. La division radicale, plus que la fonction symbolique, c’est la capacité de communication symbolique. Ca, oui, c’est une performance absolument nouvelle. Il n’existe rien de comparable chez l’animal.

(" Entretien avec Jacques Monod ". Cahiers CISTRE 4, Lausanne, L’Age d’Homme, 1978, p. 25)

ÉTHIQUE

Une éthique n’est pas véritablement digne de ce nom si elle n’est pas une transcendance qui élève l’individu au-delà de lui-même, et même l’homme au-dessus de son espèce. C’est ainsi que j’en suis arrivé à l’éthique de la connaissance, l’éthique qui est l’ascèse de l’objectivité.

(" 18 novembre 1970 ". Radioscopie. Jacques Chancel. Paris, Robert Laffont, 1971, p. 202)

 

Par définition, de par son rôle, un système de valeurs, une éthique, doit définir ce qui " doit être " et non ce qui " est ", un idéal achevé, un but à atteindre qui ne peut être l’homme lui-même. Aucun système éthique ne peut être purement utilitaire ; c’est une erreur psychologique, une contradiction dans les termes, le déni du rôle même de l’éthique.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 148)

ÉTHIQUE DE LA CONNAISSANCE

L’éthique de la connaissance est radicalement différente des systèmes religieux ou utilitaristes qui voient dans la connaissance non pas le but lui-même, mais un moyen de l’atteindre.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 168)

 

Quel idéal proposer aux hommes d’aujourd’hui, qui soit au-dessus et au-delà d’eux-mêmes, sinon la reconquête, par la connaissance, du néant qu’ils ont eux-mêmes découvert ?

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 169)

 

Dans un humanisme qui met au premier rang la valeur de la connaissance, la créativité serait une des valeurs les plus hautes, l’une de celles que toute société et tout homme individuellement devraient respecter et tenter de préserver.

(" Entretien avec Jacques Monod ". Cahiers CISTRE 4, Lausanne, L’Age d’Homme, 1978, p. 29)

ÊTRES VIVANTS

La caractéristique unique, universelle et essentielle des êtres vivants est la possibilité de conserver la structure chimique (ADN) au sein de laquelle est écrit le code génétique.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 144)

ÉVOLUTION

L’évolution n’est pas une tendance inhérente aux êtres vivants. Bien au contraire, toute leur structure est intensément conservatrice, réussissant surtout à résister à tout changement.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 144)

 

L’évolution, l’émergence de structures complexes à partir de formes plus simples, est donc la conséquence des imperfections mêmes du système conservateur de structures que représente une cellule.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 157)

 

Et l’on peut dire que les mêmes événements fortuits qui, dans un système non-vivant, entraîneraient, par leur accumulation, la disparition de toute structure, aboutissent dans la biosphère, à la création de structures nouvelles et de complexité croissante.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 157)

INNOVATION

La source unique de la véritable innovation dans la biosphère est faite de perturbations aléatoires au sein du mécanisme conservateur, perturbations telles que tout objet physique y sera inévitablement assujetti. Ces perturbations affectent des molécules uniques et sont par conséquent imprévisibles et incontrôlables.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 144)

INVARIANCE ET TÉLÉONOMIE

L'invariance précède nécessairement la téléonomie. Ou, pour être plus explicite, l'idée darwinienne que l'apparition, l'évolution, le raffinement progressif de structures de plus en plus intensément téléonomiques sont dus à des perturbations survenant dans une structure possédant déjà la propriété d'invariance, capable par conséquent de "conserver le hasard" et par là d'en soumettre les effets au jeu de la sélection naturelle.

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 37)

 

Toutes les autres conceptions qui ont été explicitement proposées pour rendre compte de l'étrangeté des êtres vivants, ou qui sont implicitement enveloppées par des idéologies religieuses comme par la plupart des grands systèmes philosophiques, supposent l'hypothèse inverse : à savoir que l'invariance est protégée, l'ontogénie guidée, l'évolution orientée par un principe téléonomique initial, dont tous les phénomènes seraient des manifestations.

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 38)

OBJECTIVITÉ

La pierre angulaire de la méthode scientifique est le postulat de l'objectivité de la Nature. C'est-à-dire le refus systématique de considérer comme pouvant conduire à une connaissance "vraie" toute interprétation des phénomènes donnée en termes de causes finales, c'est-à-dire de "projet".

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 32)

 

Le postulat d'objectivité est consubstantiel à la science, il a guidé tout son prodigieux développement depuis trois siècles. Il est impossible de s'en défaire, fût-ce provisoirement, ou dans un domaine limité, sans sortir de celui de la science elle-même.

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 33)

 

L'objectivité cependant nous oblige à reconnaître le caractère téléonomique des êtres vivants, à admettre que dans leurs structures et performances, ils réalisent et poursuivent un projet.

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 33)

SYSTÈMES DE VALEURS

Les concepts traditionnels qui ont servi de fondement éthique aux sociétés humaines depuis des temps immémoriaux ont tous correspondu à des ontogenèses imaginaires dont aucune ne peut subsister face à l’enquête scientifique. Les sociétés modernes, techniquement fondées sur la science, cherchent encore à conserver les points de vue traditionnels ou une quelconque version de ces derniers. Cette contradiction crée des tensions intolérables qui amèneront l’effondrement de ces sociétés, si les leurs systèmes de valeurs ne peuvent être définis acceptés et respectés sur de nouvelles bases.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 138)

 

La science, au cours de sa marche ascendante, a progressivement attaqué et dissous jusqu’au cœur le fondement même de tous les systèmes de valeurs qui, depuis les temps préhistoriques, avaient servi de cadre éthique aux sociétés humaines.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 139)

RETOUR AU SOMMAIRE DES CITATIONS PAR AUTEURS

RETOUR AU SOMMAIRE DE LA CITATHÈQUE

Georges Adamczewski - 24 juillet 2005

phpMyVisites : logiciel gratuit de mesure d'audience et de statistiques de sites Internet (licence libre GPL, logiciel en php/MySQL) phpMyVisites