CITATIONS DE Jean SULIVAN

ÂME     APPRENDRE     BIEN     BONHEUR     ÉCRIRE     FOI     IDENTITÉ     LIRE     LIVRE     MORT     NOËL     PROGRÈS     RELATIONS HUMAINES

ÂME

J'appelle âme, cela en nous qui permet les sensations fines et perçoit l'invisible dans le sensible.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 28)

APPRENDRE

Pour trouver ce que vous vouliez m'enseigner il m'a fallu me détourner de vous.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 26)

BIEN

Le bien issu d’une tension trop volontaire tourne en mal chez qui le fait, chez qui le reçoit.

(Joie errante. Paris, Gallimard, 1974, p.86)

 

Le bien représente un danger dès qu'il est agi du dehors, en forme de principes et de lois, et ne pousse pas dans une expérience.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 98)

BONHEUR

S'il vous arrive de passer une journée ou quelques heures, seul, sans travailler, vous amertumer, attendre, vous êtes heureux.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 19)

ÉCRIRE

Ecrire n'est-ce pas se lever au milieu de la nuit, parmi les choses réelles et irréelles, proches et étrangères, aller jusqu'au bout de sa folie, troubler le sommeil des gisants, annoncer l'aube ?

(Consolation de la nuit. Paris, Gallimard, 1968, p. 117)

 

Je n’écris pas pour le genre humain. Je cherche le grand corps obscur des rebelles.

(Joie errante. Paris, Gallimard, 1974, p. 151)

 

Ecrire c'est entrer en silence, parler à voix basse pour quelques-uns qui entrent en silence avec vous parce qu'ils reconnaissent une voix qui monte du fond d'eux-mêmes.

(Matinales. Paris, Gallimard, 1976, p. 22)

 

Ecrire c'est partir, refuser les mots de la tribu, s'enraciner ailleurs. Il faut donc consentir à devenir étranger, oublier ce que l'on sait, croit savoir, courir le risque de perdre ses amis, ne pas craindre de perdre son public quand on commence à en avoir un.

(Matinales. Paris, Gallimard, 1976, p. 23)

 

Il existe une race, voyez-vous, les hommes qui portent en eux un clochard en filigrane, ceux qu'un rien rend heureux, un merle sur l'herbe, des lichens sur un mur, une flaque de soleil sur un arbre, ceux qui vivent pleinement l'instant, ils sont immortels, c'est pour eux que j'écris.

(Matinales. Paris, Gallimard, 1976, p. 36)

 

Je n'ai encore jamais écrit. Toute une vie j'aurai attendu. Si quelqu'un ne comprend pas, il ne sait ce qu'est l'écriture.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 77)

FOI

La foi rend intelligent ne serait-ce que parce qu'elle relativise les idéologies. Mais il faut admettre qu'elle abêtit quand elle tombe dans la superstition.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 73)

IDENTITÉ

L’idée d’une personnalité donnée, transmise comme réalité séparée, n’est que fabrication sociale et fiction juridique, utiles et nécessaires dans l’ordre qui est le nôtre. On finit par connaître son identité en écoutant les voix qui vous donnent des ordres et en consultant son portefeuille.

(Joie errante. Paris, Gallimard, 1974, p.15)

LIRE

Lire : prendre, s'enrichir en s'abritant de tous risques. Or n'avoir jamais été blessé par un livre, c'est n'avoir jamais lu.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 66)

 

Lire : sortir de soi. Consentir à ce que le texte renvoie au néant nos idées et sentiments conventionnels, notre vie publique ou privée.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 66)

LIVRE

Un livre qui me fascine, il m’arrive d’en lire vingt pages et de le planter là pour toujours. La beauté blesse, il faut s’en approcher avec prudence. On a envie de disparaître.

(Devance tout adieu. Paris, Gallimard, 1966, p. 40)

MORT

Ce n'est pas la mort qui alimente l'angoisse : nous sommes absents de notre propre mort, nous ne l'expérimentons qu'en autrui ; mais l'idée, le mot, l'image.

(Joie errante. Paris, Gallimard, 1974, p. 39)

 

N'êtes-vous pas fatigués d'enfiler des perles pour vous guérir de la peur ? C'est parce que vous n'êtes pas encore nés que vous craignez tant la mort.

(Joie errante. Paris, Gallimard, 1974, p. 303)

 

Ne craignez pas pour ceux que vous laissez. Votre mort en les blessant va les mettre au monde.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 49)

 

Ne pas trop s'inquiéter pour sa mort : elle ne dure qu'une seconde, la première.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 101)

NOËL

Soulèvement des foules chrétiennes à l'occasion de Noël. Refus d'identifier le Galiléen au Jésus des cheminées, des sapins, goinfreries. Refus de recevoir et de faire des cadeaux. Invitation à la sobriété. Grève des achats.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 40)

PROGRÈS

Le progrès n'a pas d'abord pour cause la science et la technique mais des hommes avides qui ont besoin de dominer et de s'enrichir plus.

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 71)

RELATIONS HUMAINES

Nous croyons que ce qui arrive, notamment dans les relations humaines, nous tombe dessus. En réalité, le plus souvent, le mouvement part de nous...

(L'écart et l'alliance. Paris, Gallimard, 1981, p. 17)

L'OEUVRE DE JEAN SULIVAN

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Georges Adamczewski - 6 septembre 2006

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