CITATIONS DE Julien GREEN
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ÂME HUMAINE AMI AMOUR DE DIEU BOURGEOIS CONVERSATION AMÉRICAINE CORPS DOUTER ÉCRIRE GÉNIE GUERRE HOMMES INTELLIGENCE MORT MUSIQUE PENSER RÊVE SOLITUDE VIE
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L'âme humaine est une, elle se continue sans interruption depuis la première apparition des hommes sur terre, elle change, mais elle ne change jamais d'une manière fondamentale.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 86)
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J'estime qu'un homme pour qui l'on n'est pas prêt à se faire tuer ne peut vous considérer véritablement comme son ami.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 67)
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L'amour de Dieu est intolérant, l'amour de Dieu ne souffre pas de partage, l'amour de Dieu demande plus, toujours plus à mesure qu'il reçoit. On lui sacrifie ses biens, ce n'est pas assez ; sa famille, ce n'est pas assez ; sa patrie, ce n'est pas assez ; il veut tout, jusqu'à cette pauvre vie humaine qui palpite dans notre coeur. Bienheureux ceux que dévore cet amour insatiable.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 37)
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Les bourgeois sont si suffisants dans leur ignorance, si sûrs de leur fausse supériorité qu'on a envie de les enfoncer à coup de pelle dans les égouts comme des rats.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 99)
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Lieux communs sur platitudes, voilà la conversation américaine. Ils sont effrayants, ces milliers de gens qui n'ont absolument rien à se dire et qui se réfugient dans une sorte d'instinctive pudeur dans le domaine des médiocrités inoffensives et indiscutables. Jamais la moindre idée qui ressemble à une vraie idée, rien enfin qui soit le résultat d'un effort de l'intelligence. Cette absence d'âme que trahit l'inanité des propos qu'on entend autour de soi fait de ce pays un endroit funèbre.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 70)
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Vous dites que votre corps est votre esclave : prenez garde cependant que c'est un esclave qui ne demande qu'à devenir votre maître.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 36)
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Tout peut être mis en doute, tout, le mouvement des astres et la nature de la matière, tout, mais non le fait que j'existe et que je pense.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 13)
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Ecrire, c'est souvent donner une forme précise à des choses qui devraient demeurer inconnues.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 98)
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Le génie crée sans nécessairement comprendre, il produit des oeuvres dont il peut ne pas même soupçonner le sens. Un homme de génie peut exprimer spontanément une foule d'idées que l'homme le plus intelligent ne comprendra qu'avec effort et persévérance, mais il est à gager que cet homme intelligent y verra beaucoup plus clair que l'homme de génie.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 53)
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La guerre renaît toujours comme un phénix des cendres du coeur humain.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 30)
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La plupart des hommes vivent comme des êtres dont le cerveau est malade, ils vont à toute vitesse n'importe où.
(L'avenir n'est à personne. Journal 1990-1992. Paris, Fayard, 1993, p. 87)
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L'intelligence comprend plutôt qu'elle ne crée ; elle saisit et assimile, mais n'engendre pas.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 53)
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Il faut un grand nombre d'années pour faire sentir à l'homme que sa vie en ce monde ne sera pas éternelle ; il arrive même que toute la vie entière y passe et qu'il ne se rende pas compte de ce qu'il en est avant le point extrême qui le sépare de la mort. La plupart des hommes meurent dans une stupéfaction douloureuse.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 100)
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Un jour viendra où l'homme ne sera plus asservi aux mots pour exprimer sa pensée, où les âmes communiqueraient sans le secours de syllabes et de voyelles. C'est ce que fait pressentir la musique qui dit plus, en quelques portées, que ne l'ont pu des générations de philosophes, et qui le dit mieux, et qui va plus profondément jusqu'à l'âme des choses et au plus secret de nos sentiments.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 47)
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Travailler à bien penser me paraît un devoir si impérieux, si clair, que j'en veux faire l'unique raison de ma vie, le motif de chacun de mes actes.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 14)
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J'ai dit quelque part que le rêve est l'ombre de la vie. Nous serions bien attrapés si un jour l'on nous apprenait que le rêve est le corps substantiel dont l'ombre projetée se nomme la vie. Je soupçonne fort, du reste, que nous voyons tout à l'envers.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 49)
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Une vie dans laquelle il n'y a pas de solitude est une vie sans force et sans intérêt. En somme, la solitude est le lieu le moins solitaire qui soit, puisque la vitalité de notre être la peuple immédiatement, si bien qu'on peut dire qu'une vie dans laquelle il n'y a pas de solitude est la plus solitaire au monde.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 31)
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Il me semble que le caractère principal de la vie, c'est sa surabondance. Elle foisonne, elle envahit tout. Il est impossible de l'éviter ; elle est présente, avec ses complications, dans la solitude la plus absolue.
(On est si sérieux quand on a 19 ans. Journal 1919-1924. Paris, Fayard, 1993, p. 91)
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Georges Adamczewski - 24 juillet 2005
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